Carnet à spirale(s)


Le canard du coin change de coin

Maintenant, c'est là-bas que ça se passe… Bon, c'est encore émergeant, en chantier on va dire, mais tenez-vous le pour dit :  Mon nouveau blog est là. Pour ce qui me concerne. Et si vous le voulez bien !




Le merci en passant

Et voilà. Nous revoilà ! De retour sur terre, en quelque sorte. Après trois semaines d'île. D'océan. De vent. De ciels immenses. Trois semaines le continent et la connectique laissés au loin. C'était bien. C'était bon. Trois semaines d'ailleurs, gorgées de pas trop de soleil, parce qu'en Bretagne, le ciel aime à s'habiller de barbes de druides. Et me voilà ici, de retour, 900 bornes et des brouettes engloutis dans la journée, que dis-je, dévorés, avec comme dommage colatéral des yeux ronds comme des soucoupes bien qu'il soit 3 h 53 du matin. Ces p… d'yeux qui ne se ferment pas. Veulent pas. Après temps de bornes. Des yeux qui du coup, je vous le dit tout net, se sont plissés de plaisir après avoir lu vos contributions semées ici et là au fil des jours de ces trois semaines. J'y répondrai. Après ;-) Merci et à tout de suite ou presque !


Jeu d’été : Qui suis-je (4) ?

Cinq indices, pas un de plus. Pour vous aider à trouver de quel personnage il est question. Comme nous avons tous le cerveau ramolli en ces temps estivaux, je ne vais pas vous torturer, c’est promis -) Le personnage que vous chercherez ne sera pas une personnalité au nom show-biz ou quelqu’un de l’Histoire, mais plus modestement quelqu’un de la vie de tous les jours. Un contemporain ou une contemporaine. Un métier. Vous en connaissez sans doute. Ou en avez croisé. Peut-être l’être vous vous-même, qui sait ? Allez, c’est parti mon kiki !

1.Je peux être à mon compte ou travailler pour une entreprise côté en bourse.

2. Je me suis demandé longtemps si c’était du lard ou du cochon et j’ai fini par trancher.

3. Il faut aimer se lever tôt.

4.  Certains ne peuvent pas me sentir. En retour, je vois vert lorsque j’échange avec eux.

5. Le sang ne m’effraie pas et d’ailleurs je manie bien les couteux.

Qui suis-je ?

Réponse après le 19 août -)


Les dents pourries (II)

Le premier épisode est là.

Fin de l'épisode précédent :

Là, je maudis mon frère aîné qui n'a jamais voulu m'apprendre à faire les clins d'oeils. Car là, tout de suite, j'en ferais bien un, de clin d'oeil, juste pour apercevoir où je suis. Ca me semble moins compliqué qu'ouvrir les deux yeux en même temps. Je devine que des néons m'accueilleraient, de toutes façons, et la seule idée du blafâtre m'ôte toute envie d'en savoir plus et me fait préférer le noir tapant dans lequel je suis engoncé. Comme un bonnet qu'on enfoncerait tellement profond sur les oreilles qu'il en finirait par rentrer dans la caboche. Je m'en remets donc aux bruits, aux odeurs, ce qui traîne. Je ne comprends pas plus  ce qu'il se passe.

J'apprécie d'avoir changé de lieu. Le qui dit chef chef est parti. Il a cédé la place à une autre voix, peut-être celle du téléphone de tout à l'heure. Elle semble plus douce là, à quelques mètres, à moins qu'elle ne soit plus mielleuse. Bon, on ne va y passer la nuit, monsieur… monsieur comment ? Vous n'avez pas de papiers ? Je ne suis mentalement pas prêt à engager une conversation. Physiquement non plus. J'ai beau sentir les menottes qui me cisaillent les poignets, deviner l'agacement qui pointe dans la voix, c'est donc bien le mielleux qui est de sortie, et j'ai beau me douter qu'un geyser de virulence va me tomber dessus d'ici pas longtemps, je réussis toujours pas à articuler quelque chose. J'essaie, pourtant, mais en même temps, je sais que si quelque chose venait à sortir, je serais bien incapable de le penser, et encore moins de le prononcer. La voix reprend. Ca suinte la dernière possibilité pour moi de m'extraire d'une nasse. Ca ne va pas vous servir de vous taire ainsi, monsieur, reprend la voix avec le clic clac en fond, plus rapide cependant. On vous trouve dans une rue, à côté d'un cadavre, le pull plein de sang, le sang de la victime. Et depuis des heures, vous êtes prostrés, les yeux fermés. Non, vraiment, vous ne vous rendez pas service.

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Ensemble, c’est tout

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Photo prise un soir de juillet par un copain.

 


Trois j’ai envie au fond

C'est finalement un jeu que tout le monde peut s'amuser à faire et qui, l'air de rien, n'est pas si crétin que ça. S'agit, après avoir respecté le temps du silence nécessaire et pris une bonne lampée d'air, de dire trois choses dont on a envie au fond. Pas question ici de répondre j'ai envie de manger du nougat, ou j'ai envie d'une voiture rouge, non. Ici, c'est de valeurs, dont il est question, d'envie de vie, autrement dit, de choses profondes pour utiliser de grands mots.

On a fait l'exercice il y a peu avec un copain, qui a la quarantaine qui le tenaille. Chose élégamment dite, en vérité : le pauvre est complètement dans la nasse. Il a joué le jeu, en tout cas, et ce fut très impressionnant. Ces réponses, en effet, furent les suivantes : 1) Dans mon boulot, je le cite, j'aimerais plus de créativité. 2) J'ai envie d'arrêter de donner ma vie à tout le monde. 3) J'aimerais vivre des choses avec mes enfants en conformité avec mes valeurs. La classe, non ? Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à jouer. Ce peut être de vous à vous, dans le secret. Ou ici, via les commentaires. Comme dit l'autre, c'est perso quand même !


Gagner ou perdre la mémoire

L’acte de mémoire a une affinité naturelle avec la pensée ; les cheminements de la pensée émanent tout naturellement, presque automatiquement de la remémoration. La mémoire peut déclencher dans l’âme la nostalgie du passé, mais elle n’ébranle pas l’esprit car elle concerne des choses que l’on ne peut pas modifier.
A l’opposé
, le sujet voulant agir, qui regarde vers l’avant et non vers l’arrière se préoccupe de choses qui sont en son pouvoir mais pour lesquelles le succès n’est pas garanti. La tension qui en résulte conduit à une sorte d’instabilité de l’âme qui peut s’approcher de la révolte, un mélange de crainte et d’espoir qui devient insupportable lorsqu’il s’avère que pouvoir et vouloir ne se superpose pas.
Ces deux émotions dépendent étroitement l’une de l’autre en ce qu’elles peuvent brutalement se transformer l’une en l’autre. Chaque espoir amène la crainte et chaque crainte se mue en espoir. Dans la mythologie de l’antiquité ces deux éléments étaient des maux contenus dans la boite de Pandore. La tension entre ces deux émotions devenue insupportable peut se libérer dans l’action, mais ceci au prix de l’abandon de toute activité de l’esprit.

Hannah Arendt.