C’est tout bon
Je suis allongé. Rassasié. C'est le temps de midi. Quelques minutes de voiture m'ont conduit en lisière de forêt. La rumeur de la ville s'estompe. Mise à distance. Je m'allonge à l'arrière, je me peletonne sous la couverture marocaine. Le blouson fait oreiller. J'ai une trentaine de minutes devant moi. Pour moi. Avec moi. Je ferme les yeux. La respiration s'apaise. Les idées volètent, effleurent, s'ébrouent, on dirait qu'elles papillonnent, s'en vont, s'en viennent, se fixent quelques instants, butinent. Hier, c'étaient des voitures qui passaient non loin. Aujourd'hui, sous un arbre, c'est du givre trémoussé par le vent qui s'écrase sur le capot et ploc ploc. Je ne dors pas. Je me repose. C'est tout doux.
Quelque chose d’indécent
J'essaie, je vous le promets. Mais je n'y arrive pas. Ca sonne le creux. Le toc. Les tics. C'est un grand rien. Ca se caillasse de droite, de gauche, ça fait tout ce qu'on veut : bling bling, pschitt, scroutch scroutch. Ce n'est pas nouveau. Ce n'est peut-être pas inquiétant. C'est trés trés agaçant.
De quoi est-ce donc que je parle ? Du pitoyable niveau de notre “politique” en France. De l'état de la France. Du pathétique niveau de nos médias qui narrent cette “vie” politique.Je n'avais pas lu le “tout est possible” sous l'angle : mais avant, construisons des impossibles.
J'aimerais avoir lu tout Bourdieu et tout Guy Debord, + quelques autres en ces temps déboussolés. Pour comprendre. Comprendre ce qu'il se passe. J'aimerais connaître des gens dans plein d'autres pays. Pour savoir. Savoir si c'est partout pareil ou si notre hexagone à l'égo hypertrophié détient un quelconque privilège. Je ne le souhaite pas.
C’est un début
Grosse fatigue. C'est un film. Ok. Mais c'est surtout, pour moi, un site internet aujourd'hui défunt( ???). Après l'exercice proposé par Tiphaine, que j'ai relayé ici, ça m'est revenu. Grosse fatigue, mais oui. C'est ce site, trés évidemment qui m'a donné envie d'entrer en blogosphère. De me lancer. De me jeter à l'eau. J'adorais un peu tout, en fait. Le style d'écriture, les sujets abordés, la liberté. Le sous-titre, aussi : Le site des petites frustrations et amertumes quotidiennes. Les blogs, alors, n'étaient pas en pleine prolifération. Un précurseur, monsieur Grosse fatigue.Une idée de l'état d'esprit ? Allez, un extrait ci-dessous
C’est une rue
Bohmte, c'est en Allemagne. 12 500 habitants. Et une créativité urbaine en test, nous dit Libération du 23 janvier dernier. 12 600 bagnoles et camions arpentent la cité chaque jour. A côté, cyclistes, piétons, enfants qui jouent. Un vrai bazar qui a fait réfléchir les édiles locaux. Qui ont décidé l'inverse de ce à quoi on penserait. En effet, bientôt, il n'y aura plus dans la rue principale du bled : de trottoirs, de feux de signalisation, de limitations de vitesse, de passages protégés, d'interdictions de stationner. Etc, etc.
Frapadingue ? Peut-être pas. L'initiative s'est inspirée des travaux d'un chercheur néerlandais. Qui dit en substance que tout repose, ici, sur la recherche du contact visuel. Tout le monde étant paumé, chacun est sur le qui-vive. Et fait donc plus attention.Il faudrait deux ans pour que chacun s'habitue à la nouvelle donne, déjà testée en Hollande dans une centaine de villes et qui rappelle furieusemen… comme c'était avant, au début du 20ème siècle. On invente le passé en regardant demain. Nom anglais en prime, évidemment. Ce système s'appelle le shared spaces Les espaces partagés. A Bohmte, ça coutera quand même 1,3 M€ pour tout péter. Why not, sehr gut, non ? Pasque si ça se trouve, avec tout ça, on va revoir des gens se parler peut-être bien…
C’est mon souhait
Sentir les gens écrasés. Abasourdis. A peine témoins de leurs propres vies. Si peu acteurs.Des yeux qui fixent l'horizon et ne voient plus. Des yeux qui se lèvent au ciel et ne croient plus. Couteau dans la plaie. Il pleut. Percevoir, au-delà de la peur et de l'inquiétude, parfois les deux mêlés, une sorte de renoncement. Plus sûrement une saturation. Comme une éponge qui finirait par dégorger toute seule à force de trop s'imprégner. Ere du flux tendu. Quelque chose a changé. Change. Insidieusement. Le fond de l'air n'effraie plus. Il tétanise.
Les infos se multiplient et donnent corps au fameux trop d'info tue l'info. Du chapelet glissent les perles. Une à une. Reste l'amarre. Les pieds dans la glaise. Les poumons dans la sciure. On baigne dans une océan de rien. On sue. On suffoque. Les phoques eux-même y perdent leur latin.Il reste la musique et le pain frais.
Détecter malgré tout un souffle par-delà cet abattement. Une esquisse de respiration. L'espérer, pour ses enfants, ses petits-enfants, ses amis, ses voisins, soi. Comprendre nos vanités. En sourire. La course au temps, la course à l'argent, la course au confort. Rester jeuner. Maigrir. Triompher de toutes les maladies. Effacer les rides. Farder la paupière. Les yeux sont bandés.
Là-bas, la terre craquait, la nourriture manquait, la maladie décimait, les ethnies combattaient. Là-bas rêvait de devenir ici. Ici est en train de devenir là-bas. Planète village. Caillou.
Percevoir ces vies qui palpitent. Quand même. Songer qu'indécisions, incertitudes, inquiétudes sont des prémisses. La pendule est immuable. Espérer que ce souffle-là donnera des graines. Des fruits. Des moissons. Espérer que le terrain ne sera terrier que quelques temps, tannière que quelques années. Tout va si vite. Terreau pour jachère. Un mal pour un bien.
Tel est mon souhait.
C’est soldes out
Elle aurait dû fermer sa goule. Pour elle, les soldes, c'était terminé. Nous n'aurions pas à affronter de meute affamée de fringues et de prix “cassés”. Vous z'inquiétiez pas, elle semble dire. Mon radar intérieur m'a dit : quand les gens te disent de ne pas t'inquiéter, tu peux être sûr que ça va louper. De fait, quand on ne sait pas, on se tait. Car perdu, évidemment. Mon pressentiment était le bon. En ce samedi, à Troyes, cité de l'habit de marque et du magasin d'usine (mais y'a-t'il encore des usines ?), il reste deux jours avant la fin des étiquettes marquées de points bleu, vert, jaune. De 2 ou 300 kilomètres à la ronde, on est venu, parfois en car. Il y a nous, donc. Et des milliers d'autres. Ca défile, ça déferle, jeunes et moins jeunes en bandes, couples étudiants, famille nombreuses. Ca grignotte des gauffres et des sandwichs gras. Ca passe d'une boutique à l'autre. Ca sent la frite. Ca essaye, ça prend, ça remet, ça entre, ça sort. Omniprésente la musique. Exhubérants les néons. Et comme si cela ne suffisait pas, un type au mirco speede tout le monde. Allez, encore 120 secondes chez untel et untel, et ça sera fini pour la promo de 10 % en plus des soldes. Allez, allez, dépêchez-vous. Infernal !
Il est dans les 15 h et je me demande si j'aurai la force de tenir. Les hérons sereins aperçus quelques kilomètres plus tôt le long du lac du Der semblent loin. Bien loin. Il y avait quelque chose de fascinant à les voir, en bande, le bec dans la terre, probablement à traquer le ver. J'ai bien fait de faire une micro-sieste pendant que madame conduisait en vocalisant, CD de Fauré à l'appui.
C’est dans l’ère / revue de liens
Je butine ça et là sur le net des infos qui me touchent, me parlent, m'interpellent. En voici une petite sélection piochée dans divers médias et sites de diverses régions de France. Un article sur le poids des cartables paru dans le Bien Public. Peser c'est gagner. Deux interrogations pertinentes, sur le blog de la Nouvelle République. La première, c'est trop de spectacle tue le spectacle ? Quant à la seconde, c'est la possible entrée dans peu de temps de la justice dans l'école. Est-ce bien raisonnable ?Sur I-Médias, on trouve par ailleurs, dans le genre tout va bien, nous vivons des temps modernes où la diversité et la liberté d'expression bénéficient d'une paix royale, un article sur un fonctionnaire viré pour avoir causé à la presse. En appui de cette belle ambiance, un article qui soulève les épineuses liaisons médias / partis politiques. Vu de Clermont. Le blog de Ouest-France, lui, fait un lien entre l'économie du savoir, l'université et tout ça avec la réalité du quotidien des étudiants. Notamment l'exemple d'étudiants d'Angers qui ont créé une sorte de resto du coeur pour ventres vides. Dans le Nord, il y a les corons. Et aussi une association, Virage énergie, qui se soucie de nous. Intéressant dossier réalisé par la Voix du Nord sur les propositions de cette association. Energisant. Alternatif. Concret ? En Auvergne, Indymédia soulève quelques lièvres. Avec quelques images et leur slogan, par les lapins blancs. Le pipole est l'opium du peuple. Noté au passage que Paris-Match avait gagné 270 000 lecteurs et fait partie du top 10 des médias de Navarre. Toujours sur Indymédia, un étonnant extrait des recherches d'une sociologue qui travaille sur les conditions de travail des paysans. Autre regard sur le travailler plus ?Enfin, Indymédia Nantes évoque les fumeurs et lance des chroniques de la prohition. Ca ne mégote pas. Alternatives économiques propose une analyse que l'on comprend sur la fraude de la société générale. C'est tout simple : la revue répond à cinq questions sur le sujet. Instructif. Voilà pour aujourd'hui. D'autres liens une prochaine fois




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