Pistolet à bouchon
Un jour, il va y avoir des morts ! Un pote me disait cela dernièrement. C'était au temps où le dimanche, on faisait un détour par l'isoloir. Un temps pas si lointain que cela. Depuis, il y a eu les résultats et leur cortège de sourires et de grimaces, voire d'euphories et de profondes détresses. Il y a eu des malaises cardiaques, des compositions, des décompositions, des recompositions. Des surprises. Des discours fleuves. Il y a eu toute une démocratie locale de petite et de grande échelle qui s'est mise au travail. Enfin. On peut l'imaginer.
Je pose la question solennellement : dessine-t-on des nuages, des ciels bleus et des soleils quand pleuvent les rafales et les trombes ? Mange-t-on des pâquerettes pendant qu'alentour, on se brise les mains sur du métal tranchant comme un glaive ?
Un jour, il va y avoir des morts… La phrase tourne et tourne encore dans ma tête, depuis. Elle s'est installée. Elle prend du volume. Du sens. Plus elle tient la route et plus elle me déroute. Car elle exprime bien, je trouve, l'état de tension(s) dans lequel on évolue actuellement. Un état de tension qui me taraude car latent, à peine perceptible parfois, tellement grossier à d'autres. Je ne le partage pas, cet état.
Et je me demande, ne peut m'empêcher de me demander comment fichtre on va bien pouvoir construire une citoyenneté qui soit positive, constructive. Comment fichtre, avec nos petites mains, nos regards azurs et nos têtes bien faites on va pouvoir inverser la tendance, ne pas laisser montrer la violence, ne pas céder aux pressions et au repli sur soi qui tend ses pinces à tellement de bras et de vies.
Par moments, je suis inquiet et j'ai en tête cette parole des Têtes Raides, dans la chanson l'iditenté : et moi, avec mon pistolet à bouchon, je pars au front. Cette tension, ces violences, ces manipulations contrarient ce pacifique dessein.
Enfant de l'éducation populaire ascendant culture foot, je vois la société s'enfoncer. Faut-il acheter des mitraillettes pour faire des dessins avec des nuages, des ciels bleus et des soleils tout en mangeant des pâquerettes ?


Moi je crois qu’on a des problèmes de riches et pi c’est tout.
Au lieu de se regarder le nombril mutuellement on ferait bien de tendre les bras et d’agir à cette distance et pi c’est tout;
Tensions de rien du tout, tensions inventées, grossies par la loupe télé, par la boule de neige de l’internet, par les commentaires de comptoir de blogueurs que nous sommes.
Il ne se passe rien de pire qu’hier. Une fleur est une fleur et faire l’amour à la femme qu’on aime sans faire un enfant à tous les coups (si je puis dire) devrait suffire à notre bonheur.
La Chine se marre des interrogations de petits bourgeois gâtés du pays des Droits de l’homme et demande “combien de divisions”. On finira par aller aux Jeux Olympiques même si finalement les Chinois auraient préféré se partager les médailles entre eux.
Les animateurs télé parlent des animateurs télé et parfois parlent des animateurs télé qui parlent des animateurs télé.
Tout va bien.
La politique n’existe plus et n’a aucun pouvoir. Le pouvoir politique est une boite de com et pi c’est tout.
Bon je ne sais plus ce que j’ai écrit. M’en vais appuyer sur “envoyer le commentaire” en me disant que ça peut pas être bien grave.
Disons comme ça et disons en même davantage ! La suite de ce propos de Claudio est à lire ici: http://claudiogene.canalblog.com/archives/2008/03/27/8477029.html
Ceci étant lu ;-), je me demande si au contraire, la politique, la vraie, n’a pas bien plus de pouvoirs que la politique, la politicienne. Nuances, comme dit l’autre ! Pas la même chose, du coup.
Je parle de la “politique” , celle des gens, que le politicien appelle citoyen.
L’armée des ombres, quoi.
Celles et ceux qui, au quotidien, oeuvrent pour eux, pour d’autres, avec d’autres. Ces femmes et ces hommes qui secrètent des pensées, et qui même parfois osent des projets et des actions. Ces femmes et ces hommes qui vivent tant mal que bien. Autant de réalités qui se retrouvent peu dans la boule de neige et pas ou si peu dans la loupe. Autant de réalités “intérieures”.
Hier soir, chez nous, il y avait une soirée entre connaissances. J’ai aimé entendre des gens évoquer des envies, poser la question du temps à vivre en terme de réponse et de projet, évoquer des possibles et des solutions. Même si suinte l’amertume et parfois la colère. Même si colle aux basques la rancune et la galère, la douleur et la souffrance.
Vers une société résiliente ? Quelque part, j’y crois.
C’est tout le bonheur que je nous souhaite. Et que je souhaite à nos mômes.
Savoir que la vie est ailleurs, que l’ailleurs c’est l’intérieur, n’est-ce pas un possible enthousiasmant, une solution encourageante ? Résilience sans doute, mais pas ersatz de bonheur, pas palliatif comme disent les trop cartésiens.
Alors, si c’est la politique de se poser des questions d’être humain et de chercher des réponses qui tiennent compte de l’être et de l’humain, alors Vive la politique !