Infinitif
Le remède pourrait être le coup de boule. Encercler un arbre avec ses bras. Dégainer une épée et trouer la paillasse. Se vautrer dans une herbe douce. Mordre le macadam pour l'arracher. Ecouter sans mot dire le chant des oiseaux. Hurler dans le métro à une heure de pointe. Se laisser bercer par l'eau du ruisseau qui zigazague dans les champs. Prendre une seringue pour euthanasier ceux qui veulent se croire en vie. Repérer le castor qui fend du bois. Sortir un flingue de sa mâchoire et mitrailler le nid de frelons. Ouvrir les fenêtres en prenant le risque que le nuage de Tchernobyl passe par là et respirer à grands poumons. Arracher le métal sur la peau. Prendre son vélo et enquiller les kilomètres. Laisser les morveux le nez dégoulinant. Se lever de bon matin pour immortaliser le lever de soleil, puis revenir le soir pour sacraliser son couché. Jeter ensuite les photos. Donner des clés à tous les prisonniers et des verrous à tous les libérés. Regarder la lune et les étoiles à en avoir les yeux qui tournent. Interrompre un spectacle et commencer tous ses mots avec k : kamarade, kapital, kaki. Tenir dans sa main celle de l'enfant qui rit. Emmener en montgolfière quelques décideurs et décider de lester la nacelle. Observer le bal des fourmis à qui l'on aurait préalablement offert quelques sucres et miettes de pain. Investir un stade et déclarer qu'une bombe va exploser. Jouer à la pétanque et perdre en riant. Pleurer dans le désert. Prendre une douche après avoir accompli l'effort qui fait les muscles endoloris. Donner de son eau à celui qui en a besoin. Lui demander de nous apprendre à faire du pain. Arroser d'engrais les plantes bétonnées qui ont envahi les terrains de jeux. Pisser sur les pelouses et dans les piscines. Offrir de son temps à quelqu'un qui va mourrir. Tenir la main de celui qui souffre. Baffer celui qui sort ses muscles dopés. Avaler du café pour se calmer et s'énerver des tisanes trop fades. Vivre. Sortir le bleu pour niquer le noir. Aimer le blanc pour dézinguer le gris. Se bercer de vert. Voir rouge. Inventer l'arc en ciel. Crier dans le noir et rire dans la nuit. Inventer un bouclier qui rend invisible les invisibles. Se regarder longuement dans une glace, sans cesser de ne voir que soi. N'y voir personne d'autre.


C’est… superbe !!!
merci.
J’ai des élans, comme ça, parfois
Devenant lecteur ensuite de ces mots-là, je suis moi-même stupéfait de que l’on est capable de “créer”.
Vivre… et partager ! C’est bien d’être ici !
Manque que la musique pour chanter tout ça!
Qui relève le défi?
Bravo ! C’est effectivement une chanson que j’ai écrite il y a quelques temps. J’en ai d’autres en magasin. Elles vont venir ici de temps à autres.
J’attends maintenant d’être repéré en tant que parolier.Hubert, Alain, si vous passez par là, ces textes, je vous les donne !
Chiche qu’on leur demande (ou à d’autres) ?
chiche
Qui on met sur la liste?
Ce que tu as en magasin sera parfait
Pour les autres visiteurs de ce blog, vos réseaux seront de bon aloi, c’est évident !
Superbe!
Merci
En plus, on a déjà la pochette de l’album. Elle a été peinte et diffusée ici : http://claudiogene.canalblog.com/archives/2008/04/07/8592759.html
Je me suis permis mon cher.
(Pas de procès, j’espère)
En tous cas, Merci à toi.
En voyant ton oeuvre, je me suis dit : y’en a qui peigne avec des mots, d’autres avec des pinceaux, des couteaux, d’autres qui sculptent, d’autres qui jouent d’un instrument. C’est magique. Société de l’émulation
Je la préfère à l’autre.